Explorer les possibilités du Digital dans le Learning (5)

  Jérôme Bocquet
  16 novembre 2016

Cet article est le cinquième d’une série sur les transformations de la formation

Après « Digital learning : sur quoi faut-il résister ? », je vais aborder comment explorer les possibilités du digital.

3) Explorer les possibilités (plonger dans le futur)

Explorer, c’est regarder le futur proche tel qu’il est et surtout pas tel que nous l’idéalisons ou le craignons.courbe-changement

C’est passer de la résistance (« pas question », « c’est « n’importe quoi ! ») à l’analyse lucide du changement et ses impacts (« C’est quoi exactement », « quelles sont les opportunités, les avantages », « comment pourrais-je le faire ? »).

Il s’agit donc de se représenter la réalité de la transformation.

Dissocier l’information de l’action

Le but est de s’engager dans la transformation, pas seulement d’en parler.

Avec les réseaux sociaux, les blogs, les infographies, les tweets et retweet qui nous bombardent quotidiennement d’informations intéressantes, contradictoires, partielles, partiales … Avec cette surcharge cognitive due à l’infobésité voulue ou subie, le risque est de s’informer, d’être en veille permanente, sans jamais passer à l’action.

Cette phase d’exploration a non seulement pour objectif d’identifier dans le digital tout ce qui nous rendra capable d’améliorer les parcours de formation, d’augmenter l’impact et les effets des actions de formation, mais aussi de reconnaitre ce qu’il ne faudra pas modifier, ne serait-ce parce que la nouveauté a une trop faible valeur ajoutée ou bien parce que l’effort pour y arriver est trop élevé.

S’inspirer de Confucius

confuciusOn prête à Confucius cet adage : « J’entends, j’oublie. Je vois, je retiens. Je fais, je comprends. » 

Il est impératif d’explorer, d’aller de l’avant, de tester, s’approprier, se tromper, recommencer encore et encore…

Tout cela se traduit par une belle liste d’actions, que je partage ici même (et non exhaustivement) :

Recenser les concepts digitaux actuels : mobile learning, spooc, mooc, cooc, LMS, LCMS, Digital Learning Manager, wiki, RSE, social learning, autoformation, serious game … ;

Comprendre ce qu’il y a réellement derrière les mots : aller sur des blogs, rencontrer des experts, regarder des vidéos (TED est une bonne source), lire des articles … pour se faire une première opinion ;

Prioriser la démarche d’exploration : commencer par la modalité ou le principe qui semble le plus prometteur et qui apporte le plus de valeur ajoutée rapidement (gains rapides à moindre effort) ;

Approfondir la compréhension du sujet en identifiant quelle est la maturité de la modalité et de ceux qui est parlent ;

  • Ils sont au stade de l’idée/concept : ils affirment que c’est conceptuellement génial, parlent beaucoup de neuroscience mais peu de la mise en œuvre… Cela peut vouloir dire que l’idée existe en éprouvette mais n’a pas encore passé le test de la réalité (à suivre) !
  • Ils ont fait des essais (souvent une fois) : ils partent d’un exemple ou d’une entreprise et en tirent une généralité. Il est fondamental de déterminer si la réussite est liée à la modalité ou bien à l’entreprise pilote.
  • Ils en sont au stade de la pratique réelle : les retours d’expérience ont fait maturer l’idée initiale et les auteurs ont du recul sur l’utilisation réelle (à approfondir)

Vivre, expérimenter la nouvelle modalité :

  • S’immerger dans une mise en situation, faire des tests, se mettre à la place du participant lambda (le vrai, pas le fan de pédagogie ou le geek)
  • S’inscrire à de nombreux moocs, aller jusqu’au bout (même si pour beaucoup, c’est un vrai exploit). Vivre la différence entre un mooc transmissif (comme à l’école, des vidéos et des quiz) et un mooc connectiviste (création d’une communauté, co-construire le contenu, échanger avec des pairs).
  • Participer à des meetups pour comprendre un aspect du social learning.
  • Animer un meetup (Réinventer la formation en présentiel)
  • Suivre des parcours d’autoformation afin d’identifier quelles capacités sont requises pour réussir ce parcours.
  • Utiliser son smartphone pour se former… 

Bref, passer résolument du concept à la pratique concrète du sujet ;

Prendre du recul sur sa pratique : dissocier ses préférences de ce qui sera faisable et utile pour les participants (pourquoi j’ai aimé, détesté, accroché, décroché …)

En retirer tous les enseignements utiles :

  • Qu’est-ce que c’est? A quoi cela sert-il ?
  • Quels sont les usages : fournir de l’information, augmenter le savoir, aider à la pratique, partager, approfondir, réactiver…
  • A quel public cela s’adresse-t’il? Dans quel contexte ?
  • Quels sont les bénéfices réels ?
  • Quels sont les inconvénients et contraintes d’usage ?
  • Comparer avec d’autres modalités existantes : Mieux que … /Moins bien que
  • Qu’y ajouter ou par quoi le compléter ? Voire que modifier pour l’améliorer (la marque des vrais Designers pédagogiques !)

Identifier l’écart entre la pratique actuelle des formateurs et des participants, et ce que demande la nouvelle modalité pour réussir (s’auto former demande bien plus que de mettre en ligne des tutoriels).

Après le Déni, la Résistance et aujourd’hui l’Exploration, un prochain billet sera consacré à l’Engagement dans le digital.

 


Voir les autres billets de la série :







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